Pour la catastrophe, suivez le panneau

Mère-Grand avait une sœur prénommée Lydia Anna qui est née en 1900 et vivait à Anvers.
C’est là qu’elle rencontre son futur mari Patrick, d’origine irlandaise.

Patrick est interprète sur les navires transatlantiques de la Red Star Line, basée à Anvers.
Lydia épouse Patrick et un enfant nait en 1924, un garçon baptisé William James Patrick, qu’on surnommera Willy.                                                                                                        
En février 1940, lorsque la guerre éclate, la famille quitte Anvers pour l’Angleterre ou elle s’établit.
Polyglotte, tout comme son père, Willy est recruté par la BBC Radio, puis par la BBC TV à Londres où il exerce la profession de ‘ Sales Executive’ ; ce qui le conduira à voyager partout dans le monde.
Après la guerre il épouse Joséphine, d’origine belge, et qui lui donnera 6 enfants.
Le dimanche 3 mars 1974 Willy rentre de voyage d’affaire en Allemagne et il fait escale à Orly pour enfin pouvoir rejoindre sa famille à Londres.
En effet, Il faut dire que ce jour-là, les employés de la British Airways sont en grève.
Plusieurs passagers en transit à Orly doivent s’inscrire sur les vols disponibles d’autres compagnies qui desservent Londres.
Le vol de la Turkish Airlines TK 981 relie quotidiennement Istanbul Atatürk à Londres Heathrow via une escale à Orly. Il n’est pas plein et beaucoup s’inscrivent sur ce vol. Willy se présente à l’embarquement.
Il n’avait probablement trouvé aucun vol pour Heathrow au départ d’Allemagne et çà l’a amené à transiter par Paris ?
Peu après le décollage, vers 12h40, un problème technique gravissime est identifié par les pilotes.
A 23,000 pieds, la porte de la soute arrière du DC-10 s’est ouverte ; ce qui  provoque une série d’incidents en chaîne ; de la dépressurisation de la cabine à la perte des commandes hydrauliques de l’appareil par l’équipage, provoquant l’éjection de plusieurs passagers hors de l’avion et dont les corps et les fauteuils seront retrouvés à 15km dans les champs près de Roissy.
Les pilotes tentent de faire un demi-tour pour aller se poser à Roissy CDG tout juste ouvert.
Comprenant que la cause est perdue, le Commandant Berkoz, son copilote Mr Ulusman et leur mécanicien navigant décident d’éviter à tous prix un crash sur la petite ville d’Ermenonville dans l’Oise et les localités environnantes. Ils se dirigent vers la forêt près de la Mer de Sable.
Je n’ose imaginer ce que Willy et ses compagnons d’infortune ont dûs vivre pendant ces longues minutes jusqu’à l’issue fatale. Résignés et priant pour eux et pour leurs familles.
On va donc ‘couper du bois ‘ à 700km/h sur environ 700 mètres au lieu-dit la Baraque-Chaalis avant que l’avion ou ce qu’il en reste, et qui n’a pas explosé ! s’immobilise enfin au bord d’un ravin ; à l’endroit de l’actuel mémorial.
Aucun survivant parmi les 346 occupants de l’appareil. Les premiers secouristes arrivés sur les lieux décrivent une scène d’horreur, d’apocalypse, dans un silence assourdissant, insoutenable.
De longs mois avant de faire disparaître toutes les traces de cette catastrophe jusqu’à l’érection d’un mémorial sous la forme d’un mur de 24 panneaux de marbre alignés en 2 parties ou les noms des passagers et de l’équipage ont été gravés dans le marbre.
Le nom de Willy est gravé sur le 9ème panneau.
L’enquête conclura à un défaut de conception dans le système de verrouillage de la porte de la soute et à un mauvais verrouillage de celle-ci par le personnel au sol à Orly.

Bientôt 46 ans

M’étant rendu sur place le jour du 45ème anniversaire, en 2019, j’étais tout seul ; et force était de constater que hormis un bouquet de fleurs artificielles déposée là depuis un certain temps devant une des stèles, l’oubli s’était installé ; ce qui nourrissait ma réflexion en quittant les lieux et remontant l’allée de 700m parcourue par l’avion, jusqu’au parking de la maison forestière attenante.
Ayant tweeté à mon retour, un internaute étranger, peut-être australien, déplorait la perte mémorielle qui s’était installée dans les familles. Rien sur les réseaux sociaux.
On trouve encore des petits morceaux de ferraille dans la forêt ; ceux-ci sont déposés régulièrement sur le monument par des visiteurs.
Ont disparus :
3 personnels navigants techniques ; 8 personnels de cabine ; 335 passagers dont la moitié de britannique ; Il y avait ainsi de nombreux amateurs de rugby qui avaient assisté au match de rugby FranceAngleterre la veille, 4 mannequins britanniques, 48 banquiers japonais en stage à Londres ainsi que des passagers d’une douzaine d’autres pays.

Ainsi disparu Willy ; la vie continuera. Sa veuve (96) vit toujours en Angleterre.  
Sources :
Photo Willy : famille

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